[TV anime] Another

Another est une série TV réalisée par Mizushima Tsutomu et produite par l’Another seisaku īnkai (comité de production Another). Diffusée pour la première fois au Japon du 9 janvier 26 mars 2012, cette série d’horreur compte douze épisodes d’environ 25 minutes. Cet anime est la deuxième adaptation du roman Another d’Ayatsuji Yukito après le manga du même nom.

Gore à outrance

Misaki Mei et Sakakibara Kōichi.

Misaki Mei et Sakakibara Kōichi.

Après une adaptation en manga plutôt réussie, voici la version anime. Petit rappel de l’histoire : au printemps de l’année 1998, Sakakibara Kōichi déménage chez ses grands-parents maternels suite au déplacement professionnel de son père en Inde. Il est transféré au collège de Yomiyama Nord et a la désagréable impression que ses camarades de classe sont effrayés par quelque chose. Kōichi, lui, est attiré par une mystérieuse camarade de classe, Misaki Mei, que les autres élèves ne semblent pas voir. Alors qu’il cherche à savoir si Misaki Mei existe vraiment, une des camarades de classe de Kōichi décède brutalement au sein de l’école.

N’y allons pas par quatre chemin, j’ai détesté cet anime. Certes, visuellement, il est très beau mais je n’ai pas supporté le changement de design des personnages par rapport au manga, les changements dans l’intrigue et le gore à outrance.

Sortis tout droit d’un shōjo manga

Akazawa Izumi et Kazami Tomohiko.

Akazawa Izumi et Kazami Tomohiko.

Je ne vais pas présenter les personnages puisque je l’avais déjà fait pour le manga. Franchement, je ne sais pas de quoi je dois me plaindre : d’Akazawa Izumi qui prend encore et toujours plus d’importance par rapport à ce qu’elle est dans l’œuvre originale ou du changement radical du character design. Pour expliquer ma surprise, il faut savoir ceci : le roman a connu plusieurs éditions. Moi, je l’ai lu dans sa première édition, celle qui n’est pas illustrée. La troisième édition, elle, a été illustrée par Itō Noizi. Et c’est son chara design qui a été repris dans l’anime. Les personnages dessinés par Kiyohara Hiro dans le manga, faisaient plus vieux que leur âge mais n’étaient pas en décalage avec l’ambiance de l’œuvre. Les personnages d’Itō Noizi, eux, font certes leur âge mais semblent sortis tout droit d’un shōjo manga, arrivés par erreur dans Another : ils ont un air naïf que n’ont pas les personnages du manga. Attention, je ne dis pas que les personnages d’un manga d’horreur ne peuvent pas ressembler à des personnages de shōjo manga ; évidemment qu’ils peuvent. Je dis juste qu’à mon goût, pour Another, le chara design de Kiyohara Hiro est plus approprié et plus percutant que celui d’Itō Noizi.

Les différences et supercheries

Mikami-sensei, Sakakibara Kōichi et Kubodera-sensei.

Mikami-sensei, Sakakibara Kōichi et Kubodera-sensei.

Encore un sujet qui fâche : les différences entre l’intrigue du roman et celle de la version anime. D’abord, il y a quinze anime original characters. Moi qui n’aime pas beaucoup ça, me voilà servie. Il y a au total trente élèves dans la classe 3 en troisième année. Vous pouvez consulter leurs noms et places dans la classe ici. Je vous disais à propos du manga que l’effet dramatique de l’épisode de la pension avait été considérablement réduit. Dans la version anime, c’est l’inverse : l’effet dramatique est grandement augmenté par les scènes gores qui s’enchaînent. Si j’ai d’ailleurs bien une critique à faire c’est celle-ci : l’anime veut tellement faire gore que ça en devient ridicule. Je n’avais jamais vu des personnages mourir de façon aussi risible.
Ce qui m’a de suite intéressée quand j’ai su que le roman allait être adapté, c’était la façon dont allait être gérer le personnage de Mikami Reiko. En effet, quand on lit le roman Another, tout est fait pour faire penser que Mikami-sensei et Reiko sont deux personnes différentes. Sans image, ce n’est pas difficile à cacher mais dans un anime, comment faire ? Sans même parler d’apparence, en lisant les noms au générique, le spectateur aurait remarqué que les deux personnages sont doublés par la même personne. Alors voilà comment la production a procédé. Pour l’apparence, c’est facile : Mikami-sensei et Reiko n’ont pas la même coiffure ; l’une porte des lunettes, l’autre pas. Pour la voix, la production est allée beaucoup plus loin. Dans le rôle de Reiko, Sakakibara Naoko est annoncée. Et avec l’aide de son agence, PRODUCTION ACE, la production crée une seiyū fictive : Miyamaki Misayo, qui est annoncée dans le rôle de Mikami-sensei. Ce n’est que dans le générique du dernier épisode que Sakakibara Naoko est créditée dans le rôle de Mikami Reiko. Pour que la supercherie prenne bien, PRODUCTION ACE a bien sûr officiellement annoncé Miyamaki Misayo dans le rôle de Mikami-sensei. Et elle a été encore plus loin en créant une fiche pour la seiyū fictive. Il y avait bien un indice qui indiquait que Miyamaki Misayo était une personne fictive : son nom est l’anagramme de Yomiyama Misaki, le personnage à l’origine de la malédiction qui frappe la classe 3.

Les poupées

Le décor est minutieusement représenté.

Le décor est minutieusement représenté.

Visuellement, si on fait abstraction des scènes gores, c’est plutôt réussi. Les premières images sont des indices sur les évènements à venir mais ils ne seront d’aucune utilité à celui qui n’a lu ni le roman ni le manga. La couleur rouge est omniprésente, sous la forme du sang bien sûr, mais aussi régulièrement sous forme de rouille sur les éléments du décor. Le décor est d’ailleurs minutieusement représenté et, outre la rouille, on remarque souvent des signes d’usure. J’ai été bluffée. Les images de poupées, furtivement insérées entre deux scènes, m’ont en revanche un peu irritée. Je trouve qu’elles induisent en erreur le spectateur : il pourrait penser que les poupées sont un élément important de l’histoire alors que pas du tout. Les poupées, et tout ce qui a servi à rendre l’anime plus glauque que ce qu’il aurait dû être, ont contribué à rendre la série décevante à mes yeux.

Bonne surprise

De gauche à droite : Teshigawara, Sakuragi, Sakakibara et Kazami.

De gauche à droite : Teshigawara, Sakuragi, Sakakibara et Kazami.

L’opening theme, Kyōmu densen, est interprété par ALI PROJECT. C’est une belle chanson qui colle bien à l’ambiance d’Another mais ALI PROJECT a déjà fait bien mieux. L’ending theme, anamnesis, lui ne m’a pas plu. Du côté des doubleurs, j’ai bien aimé Abe Atsushi (Tomofusa Itsuki dans BLOOD-C) dans le rôle de Sakakibara Kōichi et j’ai eu la bonne surprise de reconnaître Hirata Hiroaki (Sa Gojō dans Gensōmaden Saiyūki) derrière Chibiki Tatsuji.

Je ne vous recommande pas du tout Another. Je l’ai trouvé excessivement gore et trop peu fidèle à l’œuvre originale. Les amateurs d’hémoglobine adoreront, les autres rabattez-vous plutôt sur le roman et/ou le manga.

Coralie

J'aime les anime, manga et jeux vidéo en version originale. Mes sujets favoris sont Tetsuwan Atom, les jeux Famicom, Watase Yū et les jeux d'Otomate.

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3 Responses

  1. 17 octobre 2015

    […] à Yomiyama. À la fin du mois de mars, Misaki Mei, plus souriante et plus innocente que dans la série TV, se promène dans le quartier commerçant de la ville en compagnie de sa sœur, Fujioka Misaki. On […]

  2. 17 octobre 2015

    […] Haruka non pas dans le rôle de Kanata mais dans celui de Mamoru, Takamori Natsumi (Misaki Mei dans Another) qui double Shirai Mizuho, Tamura Yukari (Michiru dans AIR) qui prête sa voix à Mayuyu, Noto […]

  3. 10 mars 2016

    […] le phénomène est arrivé et redécouvrir l’histoire, les personnages et l’environnement de la série TV et de l’OVA. La doubleuse de Misaki Mei, le réalisateur, le scénariste et le character designer […]

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