[Manga] Epotoransu!Mai

Epotoransu!Mai est un manga illustré par Watase Yū. Le premier des deux volumes est sorti le 1 mars 1995 aux éditions SHOGAKUKAN dans la collection FLOWER COMICS. Le manga avait été pré-publié à partir de juin 1994 dans le magazine bimensuel Sho-Comi des éditions SHOGAKUKAN.

Pas l’œuvre du siècle

Première de couverture du premier volume.

Première de couverture du premier volume.

Pour ses seize ans, Kurahashi Mai reçoit de ses parents un agenda électronique. Chaque jour, elle se fait dire la bonne aventure par son agenda électronique pour connaître ses chances avec le garçon qu’elle aime : Nimura Hiroki.
Un soir, Mai tape par erreur Epotoransu dans son agenda et fait apparaître un garçon nommé Takuma. Les chances qu’elle tape Epotoransu dans son agenda étaient d’une sur 100 000 000 mais Mai l’a fait et la voilà maintenant capable de se transformer en une autre personne.
Avec l’aide de Takuma, Mai va faire tout son possible pour que son amour pour Hiroki soit réciproque. Mais ce dernier est déjà amoureux de la belle Shirosaki-san.

Après Fushigi Yūgi, Watase Yū revient avec une intrigue plus légère dont l’atmosphère n’est pas sans rappeler celle de Shishunki miman okotowari en beaucoup plus innocent. Tant d’innocence de la part de Watase Yū, je trouve ça assez extraordinaire. Avec ce shōjo manga à base d’agendas électroniques et de transformations, la mangaka se fait plaisir et invente une histoire bizarre et superficielle. Ce n’est clairement pas ce que je préfère mais après cette longue et intense aventure qu’a été Fushigi Yūgi, on lui pardonne de donner dans la légèreté. L’histoire d’Epotoransu!Mai est terriblement prévisible et manque de profondeur. Ce n’est certainement pas l’œuvre du siècle mais ça reste un manga divertissant qui se lit rapidement. Les gags et les nombreuses allusions à de célèbres manga rendent l’ensemble plutôt drôle. J’aurais aimé un troisième volume pour développer cette histoire de monde électronique mais selon ses propres mots, Watase Yū a atteint son objectif à la fin du volume 2.

Des personnages peu développés

Pour ses seize ans, Kurahashi Mai reçoit de ses parents un agenda électronique.

Pour ses seize ans, Kurahashi Mai reçoit de ses parents un agenda électronique.

Kurahashi Mai est une jeune fille enjouée mais terriblement timide. C’est un personnage sympathique mais qui n’a ni le charme ni le charisme d’Higuchi Asuka (Shishunki miman okotowari) ou de Yūki Miaka (Fushigi Yūgi). Elle est amoureuse de Nimura Hiroki, un fan d’anime et l’ace du club de foot du lycée. Pour continuer dans la comparaison, je dirai qu’Hiroki ressemble à Sudō Manato (Shishunki miman okotowari) en plus candide.

Mon préféré de l’histoire est bien sûr Takuma. C’est le personnage le moins développé et j’ai vraiment trouvé dommage que le triangle amoureux formé par ces trois personnages ne soit pas allé plus loin. Physiquement, Takuma est une version améliorée, plus bishōnen d’Hayami Tōru (Shishunki miman okotowari). Il partage aussi une petite ressemblance avec Tasuki (Fushigi Yūgi).

Il y a quatre personnages secondaires. Kojima Tae est la meilleure amie de Mai et Shirosaki-san est la belle camarade de classe de Mai et Hiroki. Quand les choses s’arrangent avec Shirosaki-san, une nouvelle rivale apparaît : Aizawa Orie. Cette dernière est bien déterminée à ravir le cœur d’Hiroki avec l’aide de son amie Kate.

Les personnages secondaires étant tous féminins, je trouve qu’Epotoransu!Mai manque cruellement de bishōnen. Les deux volumes ne laissent pas suffisamment le temps à Watase Yū de développer ses personnages de façon équilibrée. On connaît beaucoup de choses sur Hiroki mais très peu sur Mai et Takuma finalement.

Epotoransu

Kurahashi Mai et son amie Kojima Tae.

Kurahashi Mai et son amie Kojima Tae.

Watase Yū confie dans le free talk du premier volume qu’elle avait toujours voulu dessiner un personnage qui se transforme. Elle a puisé son inspiration dans des anime comme Himitsu no Akko-chan et Mahō no Princess Minky Momo dont elle était une grande fan. Évidemment, les scènes de transformations de Mai se rapprochent plus de celles de Cutie Honey et Watase Yū avoue qu’elle avait en tête ces scènes-là quand elle dessinait Mai se transformer.
Ça reste une série très sage, tellement sage que c’est à se demander si c’est bien de Watase Yū. En tout cas, celle-ci écrit que c’est ce qui se rapproche le plus de l’image qu’elle a du shōjo manga (mais que pense-t-elle avoir dessiné jusqu’à présent ?).

Concernant l’agenda électronique, Watase Yū s’est inspirée du Petit Messa Artface de Casio. Restait plus qu’à créer le mot de passe. Le mot utilisé en japonais pour désigner un agenda électronique est 電子手帳 (denshi techō). Watase Yū a traduit denshi par electronic et techō par pocket note. Elle a pris la première syllabe de chaque mot et elle a obtenu Epo. Puis elle a pris le mot 変換 (henkan). En traduisant ce mot dans presque n’importe quelle autre langue on obtient un mot qui commence par trans (transformation, transformación, transformatie, etc.). En Japonais, trans est devenu toransu et c’est ainsi que Watase Yū a inventé le mot Epotoransu.

Epotoransu!Mai est un shōjo manga sans prétention mais qui se laisse lire. Si vous avez aimé Shishunki miman okotowariEpotoransu!Mai devrait vous plaire. Si vous êtes plus Fushigi Yūgi, passez votre chemin et allez plutôt lire Ayashi no Ceres ou Fushigi Yūgi Genbu Kaiden.