[Manga] Kiri samurai

Kiri samurai est un manga illustré par Watase Yū. L’unique volume est sorti le 10 avril 2017 aux éditions SHOGAKUKAN dans la collection FLOWER COMICS α. Les deux parties de Kiri samurai avaient été prépubliées dans les numéros de février et mars de la même année du magazine Gekkan flowers des éditions SHOGAKUKAN.

Une histoire bien réaliste

Kiri samurai

Première de couverture.

Il y a quatre chapitres dans ce volume : les deux parties de Kiri samurai, un ensemble d’histoires d’horreur par Watase Yū et ses assistants regroupées sous le titre Honma kaidan et une dernière histoire courte sur le harcèlement scolaire intitulée Ano koneko no mirai wo watashi ha shiranai.

Kiri samurai raconte l’histoire de Mukōda Sachiko qui, dans la vraie vie, a 29 ans, un trouble de la communication et entretient des relations houleuses avec sa mère. Sur Internet, elle fait des vidéos sous une autre identité : la mignonne HimeP. Un jour Sachiko reçoit de sa mère un meuble d’où sort un samurai.

Ne vous fiez pas à la couverture rose bonbon et regardez-la bien pour y trouver des indices de ce qui vous attend. Ce manga s’adresse à tout le monde, y compris à ceux qui sont allergiques aux shōjo manga. Car comme Mukōda Sachiko, la couverture flashy cache une histoire bien plus sombre qu’il n’y paraît : mal-être, cyber-harcèlement et problèmes d’argent ne laissent pas la place à la romance et encore moins à la niaiserie.
Comme souvent dans ses histoires courtes, Watase Yū écrit une intrigue dans l’air du temps qui tourne autour de la notoriété sur les réseaux sociaux, toujours avec une dimension fantastique, ici en la personne du samurai. La recette semble être la même depuis des années et pourtant, cette histoire se démarque de toutes celles que la mangaka a pu écrire jusqu’à présent. Une héroïne vraiment banale, pas d’ikemen à la Tamahome, pas d’histoire d’amour, juste une histoire bien réaliste, le samurai mis à part évidemment.

Une image négative

Kiri samurai

Watase Yū cherche à vous dire quelque chose sur cette page.

Héroïne d’une histoire courte, Mukōda Sachiko sera certainement vite oubliée. Et pourtant, c’est un des personnages féminins les plus intéressants de Watase Yū. Comme toutes les autres héroïnes de la mangaka, Sachiko est une fille banale. Mais Sachiko est vraiment banale. Elle n’est pas lisse comme les autres : elle n’a pas des yeux démesurément grands, elle a une cicatrice sur le front, elle a des formes. Bref, elle n’a pas le physique parfait d’une héroïne de shōjo manga.
Dès les premières pages, elle renvoie une image plutôt négative accentuée par le parallèle fait avec la pétillante HimeP. Sachiko fume, ne fait pas d’effort vestimentaire, insulte trois personnes, se scarifie, vit dans une chambre où règne le désordre. Son visage n’affiche que des expressions négatives : la colère, l’exaspération, la tristesse. Le malaise est total et elle n’attire vraiment pas la sympathie.
Sous les traits d’HimeP, elle semble être une toute autre personne. Elle porte de belles tenues et du maquillage qui mettent en valeur sa féminité, elle parle et pose de façon mignonne devant sa webcam. HimeP et les réseaux sociaux semblent être toute la vie de Sachiko et renforcent son image négative, la rendent superficielle et ridicule. Quelques pages plus tard, la présentation de Sachiko se termine avec l’entrée de sa mère dans l’intrigue. Les héroïnes de Watase Yū ont souvent un lien particulier avec leurs mères. Elles sont sources de tristesse, de pression, d’inquiétude. La mère de Sachiko, elle, est là pour mettre sa fille en valeur. Quand on la voit, on se dit « telle mère telle fille » ou on comprend comment Sachiko a pu en arriver là. Et on finit par avoir un peu de sympathie pour la jeune femme.

Sujets sérieux

Kiri samurai

Sachiko et HimeP.

Watase Yū a confié sur Twitter avoir passé un mois à étudier les codes et langages des réseaux sociaux avant de dessiner Kiri samurai. Elle a bien sûr partagé le résultat de ses recherches dans des notes en bas de pages grâce auxquelles j’ai appris plein de nouvelles expressions. C’est une exprérience linguistique particulière tant le japonais de Sachiko tranche avec le japonais châtié du samurai.

Un mot sur Kiriyū Yoshitada justement. Quand j’ai su que le personnage masculin était un samurai, j’ai de suite pensé qu’il allait se métamorphoser au cours de l’histoire pour obtenir la caractéristique numéro 1 de l’ikemen selon moi : une chevelure bien fournie. Et c’est là que Watase Yū a créé la surprise. Yoshitada conserve son apparence de samurai jusqu’au bout. Et après avoir refermé le livre, je me suis dit que derrière ce shōjo manga, la mangaka voulait traiter de sujets sérieux et ne pas noyer son message et celui de Yoshitada (ce n’est pas l’apparence qui compte) dans les mots doux d’une romance. Alors même si j’attends habituellement de Watase Yū qu’elle dessine de beaux garçons comme Tamahome, je n’ai pas été déçue car vraiment, l’histoire de Sachiko est parfaite comme ça et n’a pas besoin de romance.

Kiri samurai est la meilleure des histoires courtes de Watase Yū, je trouve. Je recommande vivement sa lecture en attendant de lire sa prochaine série : Fushigi Yūgi Byakko Hen. En grande fan de la série Fushigi Yūgi, j’attendais avec impatience l’histoire de la première prêtresse. Mon vœu sera exaucé dès le numéro du mois d’octobre 2017 du magazine Gekkan flowers.

Coralie

J'aime les anime, manga et jeux vidéo en version originale. Mes sujets favoris sont Tetsuwan Atom, les jeux Famicom, Watase Yū et les jeux d'Otomate.

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