[PC] Kanon 🔞

Kanon est un jeu développé par Key et édité par VisualArt’s. Sorti au Japon le 4 juin 1999 sur PC, ce jeu de romance pour adulte est le premier jeu de Key. Le jeu est, par la suite, sorti en version tout public et a connu diverses adaptations.

Les souvenirs perdus

Kanon

Menu du jeu.

Pour des raisons familiales, Aizawa Yūichi emménage chez sa tante Minase Akiko dans une ville enneigée au nord du Japon. Sa dernière visite dans cette ville remonte à sept ans mais il n’en garde aucun souvenir. Yūichi rencontre cinq filles et au fur et à mesure que sa relation avec ces filles se renforce, les événements prennent une tournure surnaturelle et les souvenirs oubliés refont surface.

L’histoire commence le 6 janvier quand il retrouve sa cousine Minase Nayuki, la fille d’Akiko. Puis les jours suivants, il rencontrera Tsukimiya Ayu, l’héroïne principale de Kanon, Misaka Shiori, Kawasumi Mai et Sawatari Makoto. L’histoire suit une route commune puis emprunte, selon vos choix, les routes propres aux cinq héroïnes. Toutes (sauf une) ont évidemment un lien avec les souvenirs perdus de Yūichi.

Sarcasme et mièvrerie

Kanon

Première rencontre avec l’héroïne principale de Kanon : Tsukimiya Ayu.

Peu de choses sont connues sur Yūichi et ça a de toute façon peu d’importance. Ce qui distingue Yūichi et qui l’a rendu sympathique à mes yeux, c’est son sarcasme qui cache en fait une vraie gentillesse et qui tranche avec la mièvrerie de certaines héroïnes. Ayu fait partie des héroïnes qui m’ont paru sympathiques et pas trop énervantes. Je l’ai même parfois trouvée drôle, surtout face aux sarcasmes de Yūichi. Mon avis est plus mitigé concernant Nayuki. Son air ahuri, parfois stupide, m’a fortement déplu mais j’ai apprécié son implication dans certaines routes. Je n’ai pas du tout aimé la mystérieuse et taciturne Mai qui aurait pu être cool si elle n’avait pas elle aussi un côté un peu stupide. En revanche, j’ai bien aimé Shiori qui est sûrement ma favorite car c’est celle que j’ai trouvée la moins sotte et la moins mièvre. Enfin Makoto m’est complètement sortie par les yeux du début à la fin.

Routes

Kanon

Mon personnage favori : Misaka Shiori.

La route commune commence le 6 janvier. Au 11 janvier, il est possible de rejoindre la route de Mai si vous vous rendez à l’école de nuit pour récupérer le cahier de Nayuki. Pour moi, c’était la route la plus chiante à suivre donc j’étais contente d’en être débarrassée dès le début. Pour obtenir toutes les CG de Mai, il vous faudra recommencer sa route une nouvelle fois pour pouvoir, le 26 janvier, suivre la route de son amie Sayuri. Si vous ne suivez pas la route de Mai le 11 janvier, la route commune se poursuit jusqu’au 12 où vous pouvez choisir la route de Shiori. Dans sa route, attention au 29 janvier à ne pas vous diriger vers la BAD END qui ne vous apportera aucune CG supplémentaire. Si le 12 janvier vous continuez votre chemin sur la route commune, vous tombez le lendemain sur Ayu qui est toujours à la recherche de son objet perdu. Aidez-la à chercher pour rejoindre sa route. Le 27 janvier, vous aurez le choix entre la fin normale et la vraie fin d’Ayu. Si le 13 janvier vous dites à Ayu qu’elle ferait mieux d’abandonner ses recherches, vous continuez votre chemin sur la route commune jusqu’au 17 janvier. Continuez à surveiller Makoto pour suivre sa route ou rentrez tranquillement à maison pour emprunter celle de Nayuki. Je vous recommande de faire celle de Nayuki avant celle de Makoto car il faut avoir fini la route de Nayuki pour obtenir sa dernière CG dans la route de Makoto, le 18 janvier.

Nakigē

Kanon

La mystérieuse et taciturne Kawasumi Mai.

Kanon est un jeu prenant auquel j’ai apprécié jouer si on oublie la route de Mai que j’ai vraiment trouvé ennuyante et les scènes H de chaque routes. Mais pour un nakigē, je n’ai pas du tout été émue par les histoires des cinq filles et je n’ai versé aucune larme. Est-ce que ça aurait mieux fonctionné si les personnages avaient été doublées, je n’en suis pas certaine. En dehors de la fin de Makoto, toutes les autres fins m’ont déçue car je trouve dommage de finir un nakigē sur un happy end.
Pour ce qui est du graphisme, à part la fontaine qui apparaît dans la route de Shiori, j’ai trouvé les décors sans intérêt, trop lisses, trop propres, sans âme et je ne me suis pas faite aux yeux immenses des personnages. Les yeux démesurés sont une caractéristique des anime/manga/jeux vidéo des années 90 et j’y suis bien sûr habituée mais là, ça m’a vraiment paru exagéré.

Beaux moments de malaises

Kanon

Yūichi, Akiko, Nayuki et Makoto.

L’opening theme, Last regrets, et l’ending theme, Kaze no tadoritsuku basho, sont tous les deux interprétés par Ayana. Chaque fille a un thème musical. Celui de Mai, Shōjo no ori, est tout simplement magnifique. Les thèmes des quatre autres filles, en revanche, sont sans intérêt et toutes méritaient quand même des thèmes plus jolis. Shōjo no ori est le seul thème que j’ai réussi à lier à son personnage. Pour les autres, je les ai plus associés à des lieux qu’aux personnages correspondants.

Je ne parlerai pas de chef-d’œuvre pour ce premier jeu de Key mais Kanon offre tout de même d’excellents moments, surtout à la fin de chaque route où le suspens est grand. J’ai deux gros reproches pour ce jeu : les fins qui selon moi ne sont pas dignes d’un nakigē et les scènes H qui n’apportent rien si ce n’est de beaux moments de malaises.

[Manga] AIKa

AIKa est un manga illustré par Konomichi Ayumi. Sorti le 10 février 1998 aux éditions WANI BOOKS dans la collection GUM COMICS, l’unique volume compte sept chapitres. Ce manga est l’adaptation de l’OVA du même nom.

La peur de la petite culotte

Première de couverture.

Première de couverture.

En 2016, suite à une catastrophe planétaire, une grande partie des terres est submergée et repose au fond de l’océan. Vingt ans plus tard, une nouvelle catégorie de travailleurs, les salvagers, connaît une activité florissante. Leur but est de retrouver les biens et les données de pays ou de sociétés perdus dans les profondeurs des océans.

En mars 2036 (avant les événements de l’OVA), Aida Rion et son amie Sēra sortent diplômée de l’école et s’apprêtent à devenir des salvagers de la société KK dirigée par Aida Gōzō, le père de Rion. Aika et Rion semblent peu se connaître et Aika ne voit pas d’un bon œil l’entrée de Rion dans l’industrie des salvagers. Rion et Sēra acceptent néanmoins leur première mission de salvagers. Évidemment, les choses se corsent. Aika se transforme en GAIA grâce à son bustier d’alternate metal et vole incognito au secours de Rion et Sēra. Les missions se succèdent et les deux jeunes filles commencent à se douter qu’Aika et GAIA ne font qu’une personne…

J’ai été déroutée par l’absence d’intrigue des premiers chapitres mais j’ai été agréablement surprise par le peu de fanservice. J’avais peur de tomber sur des petites culottes (ou pire, des paires de seins dénudés) à chaque page et ça n’a pas été le cas. J’ai aimé le personnage de Sēra (qui parle le kansai-ben) mais à part ça l’histoire n’était pas intéressante et les gags pas très marrants.

Un lourd secret

Aida Rion.

Aida Rion.

Sumeragi Aika est la belle et remarquable salvager de la société KK (lisez K-two) Corporation. Elle porte un bustier fait d’un métal liquide spécial, l’alternate metal, qui lui confère une force hors du commun. Quand la situation semble désespérée, ce bustier s’active généralement contre la volonté d’Aika, la transforme (en la déshabillant au passage) et lui donne une force de combat surhumaine. Le passé d’Aika est raconté dans le chapitre trois. On y voit dans quelles circonstances sont décédés ses parents et sa rencontre avec Aida Gōzō, le père de Rion. Il est aussi question d’un Yukihito pour qui elle semblait avoir des sentiments. C’est un chapitre qui contribue à donner un peu d’humanité à Aika.
Aida Gōzō est le président de la société KK Corporation. Il a recueilli et élevé Aika à la mort de ses parents et l’aide à cacher sa double identité. Il est le père de Rion, la salvager débutante. Pleine de vigueur et autoritaire, Rion aspire à devenir une excellente salvager comme Aika.
Sera K. Sēra (on appréciera l’humour) est une amie de Rion, à l’allure masculine. Elle décide de devenir salvager uniquement pour ne pas être séparée de Rion qu’elle adore. C’est la première à suspecter Aika et GAIA d’être une seule et unique personne. Sera K. Sēra, elle-même, cache un lourd secret et de gros problèmes de famille. Ce sont d’ailleurs les membres de la famille de Sēra, dont son cousin Kaoru, qui sont les antagonistes de l’histoire.
Enfin, Gust Turbulence fait une courte apparition dans le manga pour aider Aika. C’est aussi un salvager issu d’une famille aisée.

Un air loufoque

Les visages sont bosselés et le nez est en forme de く (ku).

Les visages sont bosselés et le nez est en forme de く (ku).

AIKa est un manga des années 1990 et ça se voit : les visages sont bosselés et les traits plutôt épais. Les yeux sont démesurément grands. Je crois qu’ils n’ont jamais été aussi grands que dans cette décennie. Le nez est en forme de く (ku en hiragana) et la bouche est placée assez haut dans le visage, près du nez. Enfin les cheveux sont assez volumineux. On n’aime ou on n’aime pas. Moi, j’aime beaucoup.
Ce que j’ai moins aimé, c’est le manque de détails dans les décors et surtout la façon dont a été « traité » mon personnage préféré : Sera K. Sēra. Contrairement à Rion, j’ai dès les premières pages deviné son secret. Pour ça, Konomichi Ayumi a fait les choses à moitié : le secret de Sēra est clairement affiché sur son visage mais le reste du corps ne suit pas. Aucune explication ne vient justifier le cruel manque d’ambiguïté du reste du corps. J’ai trouvé ça dommage : ça donne l’impression que l’histoire est un peu tirée par les cheveux, limite grotesque.

Mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier ce manga qui relève bien le niveau de l’OVA. C’est pas non plus un chef-d’œuvre mais les personnages ont le mérite d’être drôles. Par je ne sais quel miracle, il n’y a pas de petites culottes qui traînent à chaque page (quand il y en a, c’est discret) et l’intrigue est assez développée. On apprend pas mal de choses sur le passé d’Aika et ça ne la rend que plus sympathique. Un peu de romance entre Aika et Yukihito aurait été la bienvenue mais on ne peut pas tout avoir.

[Manga] Appare Jipangu!

Appare Jipangu! est un manga illustré par Watase Yū. Le manga est pré-publié à partir de juillet 1997 dans le magazine bimensuel Sho-Comi des éditions SHOGAKUKAN. Il fait l’objet d’une première publication en deux volumes aux éditions SHOGAKUKAN dans la collection FLOWER COMICS. Le premier volume sort le 1 février 1998 et le second le 1 août 1999. Puis le 26 mai 2003, les deux volumes sont réédités, toujours aux éditions SHOGAKUKAN, et un troisième volume vient clôturer la série.

Du grand n’importe quoi

Appare Jipangu!

Première de couverture du premier volume (deuxième édition).

Yusura est une jeune fille de 15 ans plutôt masculine qui a été abandonnée avec son kongōmaru (un mystérieux bâton) sous un cerisier alors qu’elle n’était qu’un bébé. Yusura, recueillie et élevée par un couple d’herboristes, vend ses services d’Hikeshiya (littéralement une effaceuse de tristesse) : à l’aide de son kongōmaru, elle transforme la tristesse des gens en énergie et s’en sert pour rendre meilleures les mauvaises personnes. Au cours de ses aventures, Yusura rencontre un garçon nommé Samon, part en voyage à la recherche de ses parents biologiques et finira par devenir un peu plus féminine.
En pleine période d’Ayashi no Ceres, Watase Yū s’offre des moments de récréation avec Appare Jipangu!. L’histoire est légère et garantie sans prise de tête : pas de relations amoureuses, amicales ou fraternelles compliquées, pas de retournements de situation dramatiques… L’objectif de Watase Yū est seulement de faire rire et c’est réussi. Rien n’est sérieux dans ce manga où vous pourrez entres autres voir les personnages version ukiyo-e, toutes sortes d’anachronismes dont (mon préféré) Pochi le chien-robot équipé d’un GPS (l’histoire se déroule à l’ère d’Edo) ou encore une référence hilarante à Mizuki Shigeru et ses monstres. Au début de chaque volume, un mode d’emploi suggère entre autres de recommander à un ami l’achat du manga plutôt que de lui prêter votre exemplaire. Vous êtes aussi prévenus :  Watase Yū n’est pas responsable des dégâts en cas d’utilisation de ce manga pendant vos sessions de sport, de cuisine ou de jardinage. Si cela venait à arriver, allez acheter un nouvel exemplaire. L’histoire n’a pas encore commencé que c’est déjà du grand n’importe quoi et ça m’a bien fait rigoler. J’aurais bien aimé un peu plus de romance entre Yusura et Samon, mais clairement, on n’était pas là pour ça.

Gags et anachronismes

Appare Jipangu!

Yusura a été abandonnée avec son kongōmaru alors qu’elle n’était qu’un bébé.

Yusura est une jeune fille de 15 ans plutôt masculine qui a été abandonnée avec son kongōmaru sous un cerisier alors qu’elle n’était qu’un bébé. Recueillie et élevée par un couple d’herboristes, elle vend ses services d’Hikeshiya. Yusura adore ses parents adoptifs mais elle décide quand même de partir à la recherche de ses parents biologiques. Elle s’habille comme un garçon et la capacité des personnages qu’elle rencontre à deviner son identité est un gag récurrent de la série.
Yusura sauve Samon, fils du Daimyō et d’une prostituée, d’un groupe d’assassins. Samon ne voit rien sans ses lunettes. Quand il ne les porte pas, il confond Yusura avec divers objets (autre gag récurrent de la série). Yusura et Samon sont accompagnés dans leurs aventures par Minekichi, le frère adoptif de Yusura et Kazanosuke, un ninja engagé par Samon en tant que garde-du-corps.

Au cours de leurs aventures, Yusura et Samon vont rencontrer un couple à la Roméo et Juliette, un ninja déserteur, un gamin qui vole le kongōmaru de Yusura, un monstre tout mignon doté d’une queue, un étranger (d’où la version ukiyo-e des personnages), une artiste de cirque qui possède elle aussi un kongōmaru, un homme qui se présente comme le père biologique de Yusura et un bishōnen qui tombe amoureux de Yusura au grand dam de Samon. Sans surprise, toutes ces rencontres se soldent par un coup de kongōmaru et tout est bien qui finit bien.

Watase Yū n’est pas à proprement parler un personnage de la série mais elle fait des apparitions (version henohenomoheji) pour commenter certains gags et autres anachronismes.

En ukiyo-e

Appare Jipangu!

Toutes les rencontres se soldent par un coup de kongōmaru.

À la fin du premier volume, on trouve une histoire courte intitulée Hōkago Gensō (littéralement Illusions après l’école) que l’on peut aussi retrouver dans Watase Yū The Best Selection. C’est une histoire un peu sombre qui tranche complètement avec l’ambiance d’Appare Jipangu! dans laquelle l’entourage de l’héroïne est impliqué dans d’étranges incidents.
À la fin du dernier volume, une autre histoire courte intitulée Otome no hajime (littéralement La première fois de la jeune fille) met en scène Alice d’Alice19th. Bien avant toutes ces histoires de Lotis Master, Alice rencontre un garçon à la piscine (ce n’est pas Wakamiya Kyō) et se lie d’amitié avec lui.

Pour revenir à Appare Jipangu!, c’est certainement un de mes manga préférés de Watase Yū (avec Fushigi Yūgi, évidemment). J’adore l’humour de cette mangaka : les jeux de mots, les anachronismes, la référence à Mizuki Shigeru et l’étranger qui voit les Japonais en ukiyo-e… Tout était vraiment hilarant. Les personnages sont tous très attachants mais ma préférence va bien sûr à Samon même s’il est loin d’être aussi classe que Tamahome ou Toya. Il est plutôt maladroit, porte des lunettes aux verres super épais (qu’il finit par troquer contre des lentilles !), a parfois des tendance ecchi… Mais il est aussi parfois plus otome que Yusura d’une certaine façon. En tout cas, c’est certainement un des personnages les plus mignons de Watase Yū.

Donc voilà, Appare Jipangu! m’a beaucoup fait rire pendant les trois volumes et j’avais toujours le sourire après avoir fini ma lecture. Je le recommande chaudement à tous les fans de Watase Yū et à toute personne en dépression.

[Manga] ARMS

ARMS est un manga illustré par Minagawa Ryōji en collaboration avec Nanatsuki Kyōichi. Le premier des 22 volumes est sorti le 1 novembre 1997 aux éditions SHOGAKUKAN dans la collection SHONEN SUNDAY COMICS SPECIAL. Le manga avait été pré-publié à partir d’avril 1997 dans le magazine hebdomadaire SHUKAN SHONEN SUNDAY des éditions SHOGAKUKAN.

Un excellent moment

Première de couverture du premier volume.

Première de couverture du premier volume.

C’est l’histoire de quatre adolescents qui ont perdu une partie de leur corps dans un accident ou un incident et qui se sont vu implanter des ARMS, un assemblage de nanomachines, au cours de leur enfance. Des années plus tard, on suit Takatsuki Ryō, un lycéen en deuxième année. Il rencontre Shingū Hayato, un autre lycéen qui s’est fait transférer dans son lycée dans le but de le tuer. Peu de temps après, un autre lycéen, Tomoe Takeshi, est à son tour transféré. Les trois lycéens sont des porteurs d’ARMS et sont poursuivis par une mystérieuse organisation : l’Egrigori. Les trois garçons et plusieurs autres compagnons se retrouvent impliqués dans une conspiration d’envergure mondiale.

Quand j’ai vu les couvertures des 22 volumes, je les ai trouvées vraiment hideuses et de très mauvais goût. Quand j’ai ouvert le premier volume, j’ai été encore plus déçue : les dessins ne me plaisaient pas et l’histoire est vite partie en baston. Mais les évènements se sont enchaînés, j’ai continué ma lecture et l’intrigue s’est avérée très plaisante. Les personnages étaient nombreux mais tous parfaitement bien développés. Je m’y suis attachée et j’ai finalement passé un excellent moment en lisant les 22 volumes d’ARMS. Au menu : une conspiration aux couleurs d’Alice au pays des merveilles, d’énormes retournements de situation et même un peu de romance. Et avec tout ça du génie génétique, des interventions sur le corps humain et expérimentations diverses pour vous faire réfléchir sur la bioéthique.

Un long et rude combat

Takatsuki Ryō est un lycéen en deuxième année.

Takatsuki Ryō est un lycéen en deuxième année.

Takatsuki Ryō est le personnage principal. Il a perdu son bras droit dans un accident provoqué par l’Egrigori et depuis il est l’hôte de l’original ARMS Jabberwock, une bête démoniaque remplie de haine. Jusqu’à ce qu’Hayato apparaisse, Ryō mène une vie normale, élevé par un père salaryman régulièrement en voyage d’affaire à l’étranger et par une mère au foyer. Son amie d’enfance Akagi Katsumi est une personne chère à ses yeux et un personnage clé de l’histoire.
Malgré son caractère violent au début de l’intrigue, Shingū Hayato s’avère être le porteur de l’original ARMS Knight, la bienveillance incarnée.
Tomoe Takeshi est transféré dans le lycée de Ryō peu après Hayato et décide de se joindre aux deux autres pour découvrir les secrets que cachent sa naissance. Il est l’hôte de l’original ARMS White Rabbit, le courageux lapin blanc.
Quand la lutte contre l’Egrigori s’intensifie, Kuruma Kei entre en contact avec Ryō, Hayato et Takeshi et finit par se joindre à eux. Elle est membre de l’organisation Bluemen qui s’oppose à l’Egrigori et est porteuse de l’original ARMS programmé pour le jugement : Queen of heart.
Plus tard dans l’histoire, le jeune scientifique Al Bowen et la télépathe Hugo Gilbert quitteront l’Egrigori pour se joindre à Takatsuki Ryō. Tous ces personnages se retrouvent impliqués dans un long et rude combat contre l’Egrigori.

De l’éveil au retour

Akagi Katsumi est un personnage clé de l’histoire.

Akagi Katsumi est un personnage clé de l’histoire.

ARMS est découpé en cinq grandes parties. Dans The Awakening (volumes 1 à 3), Ryō, Hayato, Takeshi et Al se rencontrent, s’affrontent et finissent par se rendre ensemble dans un des lieux clés de l’histoire : le village Abumizawa. Dans The Encounter (volumes 4 à 7), après les évènements d’Abumizawa, Ryō sombre dans le désespoir. C’est à ce moment qu’apparaît Kei qui se trouve être le sosie de Katsumi. L’organisation Bluemen redonne espoir à Ryō mais entre-temps, l’Egrigori plonge la ville entière dans le chaos et on découvre le secret de Keith. Dans The Evolution (volumes 8 à 10), Ryō reçoit une photo qui mènera les personnages aux États-Unis. Dans une petite ville rurale peu avenante, ils se font attaquer par les enfants de la Chapelle, sous-groupe d’Egrigori auquel appartenait Al au début de l’histoire. Takeshi et Hugo sont pris en otage ; Kei ressent le besoin de s’isoler. Elle rencontre alors un étrange salary man japonais. Al découvre l’Azazel et Keith Silver décide d’accélérer les choses. Alice (volumes 11 à 19) est mon chapitre préféré. On y apprend comment on en est arrivé là, c’est très émouvant. Et enfin dans Return (volumes 19 à 22), quand on croit que tout est fini, on est reparti pour un tour. J’ai trouvé ce chapitre un peu long mais j’ai adoré la fin.

ARMS n’est clairement pas le genre de manga que j’ai l’habitude de lire mais je suis heureuse de cette découverte. Les 22 volumes se lisent sans peine et ne laissent pas le temps de s’ennuyer. Il y a beaucoup de personnages mais aucun n’est là par hasard. Mes préférés sont Hayato, Al, Blue et Green.

[Manga] Musubiya NANAKO

Musubiya NANAKO est un manga illustré par Watase Yū. L’unique volume est sorti le 1 août 1997 aux éditions SHOGAKUKAN dans la collection FLOWER COMICS. Le manga avait été pré-publié à partir de 1996 dans le magazine bimensuel Sho-Comi des éditions SHOGAKUKAN. Oishii STUDY et Musubiya NANAKO font partie de la duologie Yūtopia Collection.

Le fil rouge du destin

Musubiya NANAKO

Première de couverture.

Musubiya NANAKO propose quatre histoires indépendantes : Musubiya NANAKO, PERFECT LOVERS, Memoir Girl et Fushigi Yūgi bakushō bangaihen Nakago shikkari shinasai!2.

Dans Musubiya NANAKO, Nanako vit dans un sanctuaire shinto dont la spécialité est le fil rouge du destin. Elle a le pouvoir de manipuler le fil rouge du destin accroché aux petits doigts des gens et peut ainsi faire tomber les gens amoureux à sa guise.

Dans PERFECT LOVERS, Mitsuharu et Kana forment un couple au bord de la rupture qui se retrouvent brusquement dans un monde parallèle où les relations hétérosexuelles sont interdites. Pour couronner le tout, Kana semble être en couple avec sa colocataire Eriko et le père de Mitsuharu veut le marier à un jeune homme nommé Hasegawa.

Dans Memoir Girl, Katakura Hitomi n’accepte pas la nouvelle compagne de son père qui s’appelle Hitomi comme elle. Dans le lycée qu’elle vient d’intégrer, Kodaira Yūichi s’intéresse à elle mais Hitomi préfère la compagnie du solitaire Kitazawa Satoru.

Et enfin dans Fushigi Yūgi bakushō bangaihen Nakago shikkari shinasai!2, Celui-qui-joue-Nakago est de retour et les choses ne s’améliorent pas pour lui : il a gagné en popularité mais uniquement auprès de vieilles dames, il est toujours malmené par Celui-qui-joue-Tamahome,  son rôle dans Fushigi Yūgi s’arrête et il n’a pas d’autres propositions de rôles. Est-ce que Watase Yū va lui venir en aide ? Non, car elle ne pense plus qu’à un prénommé Tōya.

Une intrigue intéressante

Musubiya NANAKO

Nanako a le pouvoir de manipuler le fil rouge du destin.

Nanako est une fille au caractère bien trempé qui rechigne à nouer les fils rouges du destin mais sa mère lui fait du chantage et Nanako accepte les demandes des clients. Face à elle, deux bishōnen : le blond qui passe pour un dragueur Shimono Yūgo et le brun qui a la classe Tōyama Kazuyuki. Classique et comme toujours dans ces histoires courtes, l’héroïne ne finit pas avec le bishōnen que je préfère mais au moins, cette fois, Watase Yū ne fait pas passer le prétendant malheureux pour un abruti.

Moriyama Kana et Hama Mitsuharu ne sont pas particulièrement originaux mais ont le mérite d’évoluer dans une intrigue intéressante. En fait, Kana est la seule à ne pas être originale. Elle est ce genre d’héroïne qui, en interprétant de travers une phrase de son copain, transforme une situation simple en drame. Mais il y aurait peu de shōjo manga sans ce genre de fille. Mitsuharu, en revanche, avec ses longs cheveux, est sûrement le plus sexy et unique des personnages masculins qui peuplent les histoires courtes de Watase Yū. Et il fait preuve d’une sensibilité et d’une maturité qui m’ont touchée. Eriko, la colocataire/compagne de Kana, aurait pu être plus intéressante si elle avait été un peu plus sexy et un peu moins stéréotypée.

Katakura Hitomi est l’adolescente typique en pleine crise d’adolescence. On comprend bien que sa vie est chamboulée par l’arrivée d’une belle-mère, un déménagement et un nouveau lycée mais on a quand même envie de lui donner des claques tellement elle est détestable et immature. Kodaira Yūichi qui lui court après est totalement inintéressant et Kitazawa Satoru n’est pas aussi séduisant qu’il devrait l’être et on apprend à la fin qu’il y a une bonne raison à ça.

Un peu de réflexion

Musubiya NANAKO

Nanako vit dans un sanctuaire shinto.

Après Oishii STUDY qui était très moyen, Musubiya NANAKO apporte un peu d’originalité et de réflexion. L’histoire qui donne son nom au volume est la moins intéressante. C’est une banale histoire de triangle amoureux qui pose la question du vrai amour.

Là où ça devient intéressant, c’est quand on est projeté dans un monde où l’hétérosexualité est interdite et l’homosexualité est la norme. Alors, que les choses soient claires : ceci n’est clairement pas une histoire engagée et Watase Yū ne cherche nullement à faire passer un message. C’est juste que la situation se prête bien à la comédie et c’est au lecteur d’en profiter (ou pas, vous faites comme vous voulez) pour réfléchir un peu : l’orientation sexuelle, la tolérance…

Quand votre réflexion est achevée, vous pouvez passer à la suite : le complexe d’Œdipe. Hitomi est sans conteste une fille à papa. Satoru lui-même le lui fait remarquer. Et ce Satoru qui attire tant Hitomi n’est autre que… Attention spoiler… son père quand il était lui-même lycéen. Bon évidemment, Hitomi finit par tout comprendre : son papa, sa belle-mère, ses vrais sentiments et il n’y a bien sûr rien d’immoral. On est dans du shōjo manga tout gentillet (tiré par les cheveux), là.

Et donc voilà : on peut passer un moment agréable et même se poser deux ou trois questions grâce à du shōjo manga tout gentillet. Musubiya NANAKO est certainement un des recueils d’histoires courtes les plus intéressants si c’est pas le plus intéressant chez Watase Yū. Avec du Nakago et autres protagonistes de Fushigi Yūgi en bonus.