[Manga] Another 0-kan

Another 0-kan est un manga illustré par Kiyohara Hiro d’après l’œuvre originale d’Ayatsuji Yukito. L’unique volume est sorti le 26 mai 2012 aux éditions KADOKAWA SHOTEN dans la collection Kadokawa Comics A. Le manga est sorti accompagné d’une OVA.

Un guide et une histoire

Première de couverture.

Première de couverture.

C’est une très courte histoire qui est proposée dans Another 0-kan. Contrairement à ce que la couverture laisse supposer, ce n’est pas l’histoire de Misaki Mei et de Fujioka Misaki que vous allez lire mais celle de Mikami Reiko. Alors que Kōichi s’apprête à arriver chez ses grands-parents, Reiko se recueille devant l’autel dressé en la mémoire de sa sœur Ritsuko et se remémore l’année de sa disparition. Reiko était une élève de la fameuse classe 3 en troisième année. Elle avait entendu parler d’un phénomène qui frappait la classe 3 mais n’avait pas voulu y croire. Puis ses camarades de classe ont commencé à mourir les uns après les autres…

L’histoire est courte mais efficace. L’ambiance est légère quand Reiko ne se doute encore de rien et après le décès de son amie, on la voit sombrer, impuissante, dans le désespoir. C’est vraiment poignant. La scène où Ritsuko décède et celle où Reiko et Kōichi se sourient sont, chacune dans son genre, vraiment magnifiques. Le reste du manga est une sorte de guide dans lequel vous pouvez relire l’histoire du personnage par qui le phénomène est arrivé et redécouvrir l’histoire, les personnages et l’environnement de la série TV et de l’OVA. La doubleuse de Misaki Mei, le réalisateur, le scénariste et le character designer de la série TV et de l’OVA ont également laissé un message aux lecteurs. Le mangaka a lui aussi laissé un message et quelques illustrations. Bref, le contenu ravira les fans du manga et de la série TV, je pense. Pour ma part, j’aurais préféré moins de bonus et en lire plus sur Reiko.

Professeur de la classe 3

Reiko se recueille devant l’autel dressé en la mémoire de sa sœur Ritsuko.

Reiko se recueille devant l’autel dressé en la mémoire de sa sœur Ritsuko.

Mikami Reiko est la tante maternelle de Sakakibara Kōichi. Elle a onze ans de moins que sa sœur aînée, Ritsuko. Dans l’œuvre originale, elle est, à 29 ans, artiste et professeur d’arts au collège de Yomiyama Nord. Elle est aussi le vice-professeur principal de la classe de Kōichi. Elle connaît peu ce dernier mais il est comme un fils pour elle. Dans Another 0-kan, Reiko a quatorze ans. Sakakibara Ritsuko est la mère de Kōichi. Quinze ans avant les évènements d’Another, elle est retournée chez ses parents pour donner naissance à son fils. Elle est décédée peu après de maladie à l’âge de 26 ans. Elle était une camarade de classe de Yomiyama Misaki. Chibiki Tatsuji est déjà responsable de la deuxième bibliothèque dans Another 0-kan. Il apparaît toutefois beaucoup plus jeune. Ses cheveux et ses vêtements noirs contribuent à le rendre encore plus sombre et mystérieux que dans l’œuvre originale. Il semble calme et peu sociable même si on a pu voir dans l’épisode de la pension qu’il sait se dérider. Chibiki était le professeur principal de la classe 3 en troisième année en 1972. Il est donc le professeur qui a accepté de faire comme si Yomiyama Misaki était toujours vivant après son décès. Il l’a, bien sûr, amèrement regretté par la suite. Il a toutefois continué à enseigner et a de nouveau été le professeur de la classe 3 en 1976 et 1979 avant d’abandonner définitivement l’enseignement. Depuis, de sa position de bibliothécaire, il observe tous les ans la classe 3 et garde une trace écrite des décès et de la personne en plus chaque année où le phénomène se produit.

Laisser le soin d’imaginer

Dans Another 0-kan, Reiko a quatorze ans.

Dans Another 0-kan, Reiko a quatorze ans.

Après l’énorme déception causée par la série TV, j’étais bien heureuse de retrouver les personnages dessinés par Kiyohara Hiro. Les personnages sont tellement beaux sous son crayon. Ce ne sont pas juste des personnages qu’on va oublier aussitôt le manga refermé ; c’est Kōichi, Teshigawara, Mei ou encore Reiko qui ont eu le malheur de se retrouver dans la classe 3. Reiko, qu’elle soit adulte ou adolescente, dégage quelque chose de très fort. Son visage est très expressif sans être caricatural : elle est tour à tour souriante, contrariée, pensive, énervée, effrayée, surprise, triste, déterminée et on la laisse désespérée au milieu de sa troisième année de collège. Quand elle revient à l’âge adulte, on la retrouve déterminée et elle offre un doux sourire à Kōichi. Vraiment, jamais un personnage féminin ne m’aura fait autant d’effet que Mikami Reiko.

J’ai vraiment aimé l’idée de développer l’adolescence de Reiko. Ce n’était pas assez à mon goût, j’en aurais voulu toujours plus, mais c’est mieux que rien. Kiyohara Hiro explique à la fin du manga que quand il a su qu’un volume supplémentaire devait se faire, il a demandé à l’auteur du roman, Ayatsuji Yukito, de le laisser dessiner Reiko. Encore une fois, il a accompli un travail fabuleux. Contrairement à la série TV qui donne dans le gore à outrance, Kiyohara Hiro est subtil et ne fait que suggérer pour laisser à l’esprit du lecteur le soin d’imaginer. Je vous encourage vivement à y jeter un œil, je pense que vous ne serez pas déçus.

[OVA] Another

Another est une OVA réalisée par Mizushima Tsutomu et produite par l’Another seisaku īnkai (comité de production Another). Sortie au Japon le 26 mai 2012, cette OVA d’un épisode de 24 minutes est vendue avec le manga Another 0-kan.

Secrets et émotions

Another

Misaki Mei et Fujioka Misaki.

L’histoire se déroule avant que Sakakibara Kōichi n’emménage à Yomiyama. À la fin du mois de mars, Misaki Mei, plus souriante et plus innocente que dans la série TV, se promène dans le quartier commerçant de la ville en compagnie de sa sœur, Fujioka Misaki. On y apprend que Mei et Misaki, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, se sont déjà vues plusieurs fois à l’insu de leurs familles respectives. À chacune de leur rencontre, elles aiment se partager leurs émotions et leurs secrets. Puis vient le mois d’avril. Misaki profite que Mei soit seule à la maison pour aller y passer la nuit. Dans cette nouvelle intimité, elles laissent libre cours à leur affection et renforcent ainsi leurs liens. Le lendemain, Mei et Misaki se rendent dans un parc d’attraction. Contrairement à Misaki, Mei semble terriblement anxieuse. Ceux qui ont lu l’œuvre originale savent pourquoi.

Sœurs et cousines

Mei et Misaki se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Mei et Misaki se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Misaki Mei est une élève de la classe 3 en troisième année au collège Yomiyama Nord. C’est une fille mystérieuse et solitaire qui vit au dessus d’un magasin de poupées. Vers l’âge de quatre ans, Mei a perdu son œil gauche suite à une tumeur et porte depuis une prothèse oculaire fabriquée par Kirika, sa mère adoptive. D’ordinaire peu expressive, Mei est plus enjouée et plus souriante lorsqu’elle se trouve en compagnie de Misaki. Suite à l’adoption de Mei par Kirika, Fujioka Misaki est légalement devenue la cousine de Mei. Mais biologiquement, les deux jeunes filles sont des sœurs jumelles. En dehors de la couleur des cheveux et des yeux qui diffèrent un peu, Mei et Misaki se ressemblent comme deux gouttes d’eau et s’entendent à merveille. Contrairement à Mei, Misaki est une fille naturellement enthousiaste et enjouée.

La boucle est bouclée

Mei et Misaki laissent libre cours à leur affection.

Mei et Misaki laissent libre cours à leur affection.

Après l’ambiance sombre et glauque de la série TV, cette OVA apporte un peu de fraîcheur et beaucoup de fanservice. Vous aurez droit, entre autres, à de la lolita fashion et au classique passage dans la salle de bain pour voir deux filles nues se tripoter. Et puis, comme il s’agit d’Another, il y aura le petit moment de frayeur que tout le monde aura vu venir accompagné d’une ridicule effusion de sang. Bref, rien de subtil.
Vraiment, je ne sais pas ce qu’il y a de pire entre le fanservice et ce petit moment gore. À part donner un côté humain à Mei, cet épisode n’apporte strictement rien. Mais il s’agit du premier décès causé par le phénomène, il fallait bien le montrer. Puis enfin, la boucle est bouclée avec la rencontre de Mei et Kōichi dans l’ascenseur. La scène est, cette fois-ci, présentée du point de vue de Mei.

La dernière scène de Misaki

Le décor est toujours aussi minutieusement représenté.

Le décor est toujours aussi minutieusement représenté.

Cet épisode est aussi l’occasion de montrer le côté urbain de Yomiyama, chose qu’on voyait peu dans la série TV. Les rues commerçantes, le centre commercial et le parc d’attraction rendent la ville plus vivante. Comme dans la série TV, la couleur rouge est omniprésente, mais plus sous la forme de rouille dans le décor que de sang, cette fois. Le décor est toujours aussi minutieusement représenté avec encore ces signes d’usure qui me fascinent. Et malheureusement, il y a toujours les poupées qui n’ont rien à faire là. Mais au moins, cette fois, elles sont uniquement intégrées dans le décor et ne servent pas à faire de transition entre deux scènes. Mais j’ai eu l’impression d’en voir encore plus que dans la série TV et toujours présentées de façon à induire en erreur le spectateur, particulièrement dans la dernière scène de Misaki.

Médiocre et ridicule

Le classique passage dans la salle de bain.

Le classique passage dans la salle de bain.

L’opening theme et l’ending theme de la série TV ont été conservés mais malheureusement, Kyōmu densen, ne colle pas vraiment avec l’ambiance plus légère de l’OVA. Misaki Mei est toujours doublée par Takamori Natsumi (Mizuho dans AKB0048) et Fujioka Misaki par Higarashi Hiromi. J’ai eu l’impression d’entendre Orion d’AMNESIA pendant tout l’épisode, c’était assez déroutant.

Vous vous en doutez : je ne vous recommande pas plus cette OVA que la série TV. Vraiment, c’est un épisode tellement médiocre et ridicule que c’en est décevant. L’idée de produire une ambiance légère n’était pourtant pas mauvaise, encore fallait-il le faire intelligemment sans sombrer dans l’excès de fanservice.

[TV anime] Another

Another est une série TV réalisée par Mizushima Tsutomu et produite par l’Another seisaku īnkai (comité de production Another). Diffusée pour la première fois au Japon du 9 janvier 26 mars 2012, cette série d’horreur compte douze épisodes d’environ 25 minutes. Cet anime est la deuxième adaptation du roman Another d’Ayatsuji Yukito après le manga du même nom.

Gore à outrance

Misaki Mei et Sakakibara Kōichi.

Misaki Mei et Sakakibara Kōichi.

Après une adaptation en manga plutôt réussie, voici la version anime. Petit rappel de l’histoire : au printemps de l’année 1998, Sakakibara Kōichi déménage chez ses grands-parents maternels suite au déplacement professionnel de son père en Inde. Il est transféré au collège de Yomiyama Nord et a la désagréable impression que ses camarades de classe sont effrayés par quelque chose. Kōichi, lui, est attiré par une mystérieuse camarade de classe, Misaki Mei, que les autres élèves ne semblent pas voir. Alors qu’il cherche à savoir si Misaki Mei existe vraiment, une des camarades de classe de Kōichi décède brutalement au sein de l’école.

N’y allons pas par quatre chemin, j’ai détesté cet anime. Certes, visuellement, il est très beau mais je n’ai pas supporté le changement de design des personnages par rapport au manga, les changements dans l’intrigue et le gore à outrance.

Sortis tout droit d’un shōjo manga

Akazawa Izumi et Kazami Tomohiko.

Akazawa Izumi et Kazami Tomohiko.

Je ne vais pas présenter les personnages puisque je l’avais déjà fait pour le manga. Franchement, je ne sais pas de quoi je dois me plaindre : d’Akazawa Izumi qui prend encore et toujours plus d’importance par rapport à ce qu’elle est dans l’œuvre originale ou du changement radical du character design. Pour expliquer ma surprise, il faut savoir ceci : le roman a connu plusieurs éditions. Moi, je l’ai lu dans sa première édition, celle qui n’est pas illustrée. La troisième édition, elle, a été illustrée par Itō Noizi. Et c’est son chara design qui a été repris dans l’anime. Les personnages dessinés par Kiyohara Hiro dans le manga, faisaient plus vieux que leur âge mais n’étaient pas en décalage avec l’ambiance de l’œuvre. Les personnages d’Itō Noizi, eux, font certes leur âge mais semblent sortis tout droit d’un shōjo manga, arrivés par erreur dans Another : ils ont un air naïf que n’ont pas les personnages du manga. Attention, je ne dis pas que les personnages d’un manga d’horreur ne peuvent pas ressembler à des personnages de shōjo manga ; évidemment qu’ils peuvent. Je dis juste qu’à mon goût, pour Another, le chara design de Kiyohara Hiro est plus approprié et plus percutant que celui d’Itō Noizi.

Les différences et supercheries

Mikami-sensei, Sakakibara Kōichi et Kubodera-sensei.

Mikami-sensei, Sakakibara Kōichi et Kubodera-sensei.

Encore un sujet qui fâche : les différences entre l’intrigue du roman et celle de la version anime. D’abord, il y a quinze anime original characters. Moi qui n’aime pas beaucoup ça, me voilà servie. Il y a au total trente élèves dans la classe 3 en troisième année. Vous pouvez consulter leurs noms et places dans la classe ici. Je vous disais à propos du manga que l’effet dramatique de l’épisode de la pension avait été considérablement réduit. Dans la version anime, c’est l’inverse : l’effet dramatique est grandement augmenté par les scènes gores qui s’enchaînent. Si j’ai d’ailleurs bien une critique à faire c’est celle-ci : l’anime veut tellement faire gore que ça en devient ridicule. Je n’avais jamais vu des personnages mourir de façon aussi risible.
Ce qui m’a de suite intéressée quand j’ai su que le roman allait être adapté, c’était la façon dont allait être gérer le personnage de Mikami Reiko. En effet, quand on lit le roman Another, tout est fait pour faire penser que Mikami-sensei et Reiko sont deux personnes différentes. Sans image, ce n’est pas difficile à cacher mais dans un anime, comment faire ? Sans même parler d’apparence, en lisant les noms au générique, le spectateur aurait remarqué que les deux personnages sont doublés par la même personne. Alors voilà comment la production a procédé. Pour l’apparence, c’est facile : Mikami-sensei et Reiko n’ont pas la même coiffure ; l’une porte des lunettes, l’autre pas. Pour la voix, la production est allée beaucoup plus loin. Dans le rôle de Reiko, Sakakibara Naoko est annoncée. Et avec l’aide de son agence, PRODUCTION ACE, la production crée une seiyū fictive : Miyamaki Misayo, qui est annoncée dans le rôle de Mikami-sensei. Ce n’est que dans le générique du dernier épisode que Sakakibara Naoko est créditée dans le rôle de Mikami Reiko. Pour que la supercherie prenne bien, PRODUCTION ACE a bien sûr officiellement annoncé Miyamaki Misayo dans le rôle de Mikami-sensei. Et elle a été encore plus loin en créant une fiche pour la seiyū fictive. Il y avait bien un indice qui indiquait que Miyamaki Misayo était une personne fictive : son nom est l’anagramme de Yomiyama Misaki, le personnage à l’origine de la malédiction qui frappe la classe 3.

Les poupées

Le décor est minutieusement représenté.

Le décor est minutieusement représenté.

Visuellement, si on fait abstraction des scènes gores, c’est plutôt réussi. Les premières images sont des indices sur les évènements à venir mais ils ne seront d’aucune utilité à celui qui n’a lu ni le roman ni le manga. La couleur rouge est omniprésente, sous la forme du sang bien sûr, mais aussi régulièrement sous forme de rouille sur les éléments du décor. Le décor est d’ailleurs minutieusement représenté et, outre la rouille, on remarque souvent des signes d’usure. J’ai été bluffée. Les images de poupées, furtivement insérées entre deux scènes, m’ont en revanche un peu irritée. Je trouve qu’elles induisent en erreur le spectateur : il pourrait penser que les poupées sont un élément important de l’histoire alors que pas du tout. Les poupées, et tout ce qui a servi à rendre l’anime plus glauque que ce qu’il aurait dû être, ont contribué à rendre la série décevante à mes yeux.

Bonne surprise

De gauche à droite : Teshigawara, Sakuragi, Sakakibara et Kazami.

De gauche à droite : Teshigawara, Sakuragi, Sakakibara et Kazami.

L’opening theme, Kyōmu densen, est interprété par ALI PROJECT. C’est une belle chanson qui colle bien à l’ambiance d’Another mais ALI PROJECT a déjà fait bien mieux. L’ending theme, anamnesis, lui ne m’a pas plu. Du côté des doubleurs, j’ai bien aimé Abe Atsushi (Tomofusa Itsuki dans BLOOD-C) dans le rôle de Sakakibara Kōichi et j’ai eu la bonne surprise de reconnaître Hirata Hiroaki (Sa Gojō dans Gensōmaden Saiyūki) derrière Chibiki Tatsuji.

Je ne vous recommande pas du tout Another. Je l’ai trouvé excessivement gore et trop peu fidèle à l’œuvre originale. Les amateurs d’hémoglobine adoreront, les autres rabattez-vous plutôt sur le roman et/ou le manga.

[Manga] Another

Another est un manga illustré par Kiyohara Hiro d’après l’œuvre originale d’Ayatsuji Yukito. Le premier des quatre volumes est sorti le 4 octobre 2010 aux éditions KADOKAWA SHOTEN dans la collection Kadokawa Comics A. Le manga avait été pré-publié à partir d’avril 2010 dans le mensuel YOUNG ACE.

À l’origine de la malédiction…

Première de couverture du premier volume.

Première de couverture du premier volume.

Au printemps de l’année 1998, Sakakibara Kōichi déménage chez ses grands-parents maternels suite au déplacement professionnel de son père en Inde. Il est transféré au collège de Yomiyama Nord et a la désagréable impression que ses camarades de classe sont effrayés par quelque chose. Kōichi, lui, est attiré par une mystérieuse camarade de classe, Misaki Mei, que les autres élèves ne semblent pas voir. Alors qu’il cherche à savoir si Misaki Mei existe vraiment, une des camarades de classe de Kōichi décède brutalement au sein de l’école. Peu à peu, Kōichi finira par comprendre la situation de sa classe.

Avant de poursuivre sur Another, j’ouvre une petite parenthèse pour parler de l’œuvre originale. Il s’agit d’un roman, lui aussi intitulé Another, écrit par Ayatsuji Yukito. Je n’en ferai pas la critique ici mais je vous recommande vivement sa lecture. L’histoire du roman et du manga est la même à quelques petites différences près mais je dirais que l’expérience de lecture est différente. Les deux se valent : j’avais adoré lire le roman ; grâce à Kiyohara Hiro, j’ai adoré lire le manga. Les premières pages en couleur, qui racontent l’histoire à l’origine de la malédiction, m’ont vite mise dans le bain. L’ambiance est sombre et les personnages semblent plus âgés que des collégiens. Kōichi, Teshigawara, Mei et Reiko m’ont laissé une forte impression. D’habitude, je n’aime pas les manga d’horreur mais là, c’est subtil et tellement bien fait que j’ai adoré. Ce n’est d’ailleurs pas purement de l’horreur : c’est plutôt entre le mystère et l’horreur.

Est-ce Misaki ou Masaki ?

Les premières pages en couleur racontent l’histoire à l’origine de la malédiction.

Les premières pages en couleur racontent l’histoire à l’origine de la malédiction.

Sakakibara Kōichi est le personnage principal. Fils unique, il habite à Tōkyō mais son père se rendant en Inde, il déménage temporairement chez ses grands-parents maternels et est transféré dans la classe 3 en troisième année au collège de Yomiyama Nord. Misaki Mei est une élève de cette fameuse classe 3. C’est une fille mystérieuse et solitaire qui vit au dessus d’un magasin de poupées. Elle porte une prothèse oculaire à l’emplacement de l’œil gauche. Si j’avais fait la critique du roman, je n’aurais pas parlé d’Akazawa Izumi qui n’est qu’un personnage secondaire de l’histoire. Elle prend de l’importance dans le manga. C’est une fille forte et pas peureuse pour un sou. Elle est le leader naturel de la classe 3 et la responsable des contre-mesures face au « phénomène ». Teshigawara Naoya est un garçon jovial et le mood-maker de la classe 3. C’est l’ami d’enfance de Kazami Tomohiko et le premier à adresser la parole à Kōichi en classe. Ils deviennent de bons amis par la suite. Mochizuki Yūya appartient au club d’art. Il est calme et a les traits particulièrement fins. Ses influences artistiques sont Edvard Munch et Salvador Dalí. Il admire Mikami et est de suite très cordial envers Kōichi. Kazumi Tomohiko est un des deux représentants de la classe 3 et est lui aussi responsable des contre-mesures. Pour ne pas dévoiler l’intrigue, je ne présente pas tous les personnages et je reconnais que ceux qui sont présentés le sont superficiellement. Cela dit, à part Kōichi, Misaki et dans le manga, Izumi, les personnages sont finalement assez peu définis et n’ont pas ou peu d’histoire personnelle.

Mystère et suspens

Au printemps de l’année 1998, Sakakibara Kōichi déménage à Yomiyama.

Au printemps de l’année 1998, Sakakibara Kōichi déménage à Yomiyama.

Il y a quelques différences entre le roman et le manga. Au niveau des personnages, je l’ai dit plus haut, Akazawa Izumi a un rôle bien plus important dans le manga que dans le roman où elle n’est qu’un personnage secondaire. D’autres personnages du roman n’apparaissent pas du tout dans le manga comme Ogura Atsushi, le frère d’Ogura Yumi, une élève de la classe 3. Il est, pour ainsi dire, remplacé par le frère d’Akazawa Izumi. Les Numata, propriétaires de la pension où se rend la classe 3 à la fin de l’histoire, n’apparaissent pas non plus. Les différences dans les personnages entraînent d’autres différences, au niveau des décès. Si ma mémoire est bonne, on compte quinze décès dans le roman et seulement douze dans le manga. Ces petits changements diminuent considérablement l’effet dramatique de l’épisode de la pension mais n’altère pas vraiment l’histoire. Je dirais même que grâce à ces petits sacrifices, le manga permet de mettre un peu plus l’accent sur la vie quotidienne des personnages à l’école et sur l’évolution de leurs relations. On peut aussi noter que la version manga apporte un peu d’humour à l’histoire, souvent à travers les réflexions de Kōichi sur son entourage. Ça permet de relâcher un peu la pression de temps à autre.

Voilà pour ce que j’avais à dire sur Another. Je vous recommande vivement ce manga. J’ai adoré l’intrigue d’Ayatsuji Yukito et les dessins de Kiyohara Hiro. C’est une excellente façon de redécouvrir l’histoire pour ceux qui ont lu le roman. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, mystère et suspens seront au rendez-vous.